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28 November 2008 - TDG

L’UNIGE reçoit 11 millions de francs pour étudier l’eau.

ENVIRONNEMENT | Genève va piloter Acqwa, un projet de recherche européen qui examine les changements de ressources en eau induits par le réchauffement climatique dans les zones de montagne.

TRIBUNE DE GENÈVE | Anne-Muriel Brouet | 28.11.2008

Nos barrages déborderont-ils en 2050? Seront-ils à sec en 2100? Pour un pays dont 60% de l’électricité consommée est d’origine hydraulique, la question est fondamentale. Comment les changements climatiques affecteront la quantité et la qualité de l’eau dans les régions de montagne est le thème du projet de recherche Acqwa. La Commission européenne vient d’accepter de le financer, en accordant 11 millions de francs à l’Université de Genève, qui en assurera la coordination. Précisément, c’est le climatologue Martin Beniston qui en sera responsable. Interview.

Que va étudier Acqwa?

Le projet s’articule autour de deux grands axes: le premier concerne la simulation des effets climatiques sur les précipitations, le comportement de la neige et des glaciers, et la réaction des cours d’eau. Le deuxième concerne les impacts collatéraux des changements hydrologiques sur l’environnement naturel et de nombreux secteurs économiques (énergie, tourisme, agriculture). Les régions de montagne sont intéressantes car elles sont très sensibles au réchauffement et ont des impacts très importants.

Les effets du réchauffement y sont du reste bien étudiés. En quoi votre projet est-il original?

Ce qui est nouveau, c’est que nous ne travaillons pas secteur par secteur mais nous proposons une vision intégrée des impacts qui inclut notamment des aspects socio-économiques. Concrètement, il s’agit de chiffrer des coûts et des échéances afin de fournir des réponses aux décideurs européens.

Les scénarios de réchauffement oscillent entre +2 et +6 degrés C d’ici à 2100. Lequel allez-vous considérer?

Nous en étudierons 5 ou 6, du plus modeste au plus élevé. Dans certains cas, cela ne fera toutefois pas une grande différence: la disparition des glaciers est inéluctable, l’incertitude concerne le moment. Si l’échéance est plus longue, cela permettra de mieux se préparer.

Votre horizon-temps est le milieu du siècle. Pourquoi?

Justement parce que les décisions sont plus faciles à prendre pour d’ici à trente ou cinquante ans que pour dans cent ans. C’est ce dont ont besoin nos décideurs aujourd’hui.

Le projet s’étend aussi au Chili et au Kyrgyzstan. Pourquoi?

L’idée est de transposer les modèles dans d’autres régions. A cet égard, le Chili est intéressant car le recul des glaciers va considérablement affecter le régime hydraulique du pays, ce qui l’inquiète beaucoup. A contrario, au Kyrgyzstan, la fonte des glaces représente des grandes opportunités de développement. L’hydroénergie pourrait être vendue aux pays voisins comme l’Iran ou la Russie et aider le pays à se développer. Une façon de monter que le réchauffement n’a pas que des impacts négatifs. Sur Internet: www.acqwa.ch

35 équipes

Les 11 millions de francs européens s’étaleront sur cinq ans et soutiendront le travail de 35 équipes en Europe, en Asie centrale et en Amérique du Sud, impliquant une centaine de collaborateurs. En Suisse, outre l’UNIGE qui coordonne ACQWA, il y a l’Institut de hautes études internationales et du développement, l’Agroscope de Zurich, l’EPF Zurich et l’Université de Berne. AMB

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